jeudi , 16 juillet 2026

Quand la LONAB ouvre la voie : retour sur douze jours d’une campagne qui fait entrer la protection des données dans la culture des organisations

Pendant près de deux semaines, les équipes de la Commission de l’informatique et des libertés (CIL) et de la Loterie Nationale Burkinabè (LONAB) ont sillonné les routes du Burkina Faso avec une même ambition : rapprocher la protection des données à caractère personnel des femmes et des hommes qui, chaque jour, collectent, utilisent ou conservent des informations relatives aux citoyens. De Ouagadougou à Fada N’Gourma, en passant par Bobo-Dioulasso, Gaoua, Kaya ou encore Dédougou, plus de 1 500 membres du personnel et de la force de vente ont été sensibilisés. Bien plus qu’une campagne de formation, cette initiative marque l’émergence d’une nouvelle dynamique nationale portée par la CIL : faire de la protection des données à caractère personnel une véritable culture au sein des organismes publics comme privés.

Et si la protection des données devenait une culture d’entreprise ?

La protection des données à caractère personnel n’est plus une question réservée aux spécialistes du numérique ou aux juristes. Elle s’impose désormais comme un enjeu majeur de gouvernance, de confiance et de respect des droits des personnes.

Qu’il s’agisse d’une administration, d’une entreprise publique, d’une société privée, d’une banque, d’un établissement de santé ou d’une association, rares sont aujourd’hui les structures qui ne manipulent pas quotidiennement des données personnelles. Identités, photographies, numéros de téléphone, adresses, données de localisation, informations professionnelles ou financières : ces données accompagnent désormais la plupart des activités.

Pour la Commission de l’informatique et des libertés, cette réalité appelle un changement profond des pratiques.

La conformité ne doit plus être perçue comme une simple obligation réglementaire. Elle doit devenir un réflexe collectif, intégré au fonctionnement quotidien des organisations.

C’est dans cette vision que la CIL encourage depuis plusieurs mois les institutions publiques, les entreprises et les organisations privées à inscrire la protection des données à caractère personnel dans leurs programmes d’activités, leurs plans de formation et leurs actions de renforcement des capacités.

La LONAB est la première structure à avoir transformé cette orientation en une action concrète d’envergure nationale.

15 juin 2026 : le point de départ d’une ambition partagée

Le 15 juin 2026, au siège de la LONAB à Ouagadougou, la campagne est officiellement lancée.

Autour des responsables des deux institutions, un même constat est partagé : dans un contexte de transformation numérique, protéger les données personnelles ne relève plus seulement du respect de la loi. C’est aussi préserver la confiance des usagers, sécuriser les traitements d’information et renforcer la responsabilité des organisations.

Au-delà des discours, une volonté commune se dessine : aller à la rencontre des acteurs de terrain et faire de chaque agent un maillon essentiel de la protection des données à caractère personnel.

Car les défis se jouent souvent dans les gestes du quotidien : vérifier avant de communiquer une information, sécuriser un document, demander un consentement lorsque cela est nécessaire, éviter de diffuser des données personnelles sur les réseaux sociaux ou encore adopter les bons réflexes face aux risques numériques.

Autant de pratiques qui participent à la protection des droits des personnes.

Quand les salles de conférence laissent place aux routes du Burkina Faso

À peine la cérémonie de lancement achevée, une autre étape commence.

Les équipes de la CIL quittent les salles de réunion pour prendre la route.

Objectif : aller au plus près des réalités du terrain.

Ville après ville, elles rejoignent les directions régionales, agences et représentations de la LONAB afin d’échanger directement avec celles et ceux qui manipulent quotidiennement des données à caractère personnel.

Le périple conduit successivement les équipes à Koudougou, Dédougou, Gaoua, Banfora, Bobo-Dioulasso, Houndé, Boromo, Kaya, Ouahigouya, , Fada N’Gourma, Tenkodogo, Koupéla, Pouytenga et Dori.

À travers ce déploiement, ce sont les régions du Guiriko, du Kuilsé, du Goulmou, du Nando, des Bankuy, du Tannounyan, du Nakambé, du Nazinon, du Yaadga et du Liptako qui sont progressivement couvertes, traduisant la volonté des deux institutions de donner une dimension véritablement nationale à cette campagne.

Partout, le même constat s’impose : les enjeux liés aux données personnelles concernent chaque service, chaque métier et chaque agent.

Former, échanger, convaincre

Dans chaque ville, les séances suivent un même fil conducteur : expliquer, illustrer, dialoguer.

Loin des présentations exclusivement théoriques, les experts de la CIL privilégient les cas pratiques inspirés du quotidien de la LONAB.

Comment manipuler les données des gagnants ?

Comment conserver les informations relatives aux clients ?

Quels documents peuvent être affichés ou partagés ?

Comment éviter qu’une photographie prise lors d’une activité ne porte atteinte à la vie privée d’une personne ?

Quels sont les bons réflexes lorsqu’un téléphone professionnel est perdu ou lorsqu’un document contenant des données personnelles est consulté par une personne non autorisée ?

Autant de situations concrètes qui nourrissent les échanges.

Au fil des discussions, les participants prennent conscience que la protection des données ne se limite pas à un texte juridique. Elle s’incarne dans des gestes simples, répétés chaque jour.

Une forte adhésion sur le terrain

Au-delà des contenus techniques, la campagne se distingue par la qualité des échanges.

Dans les différentes étapes, les chefs d’agence saluent une initiative qu’ils jugent en parfaite adéquation avec les réalités de leurs équipes.

Les membres du personnel comme ceux de la force de vente expriment également leur satisfaction.

Beaucoup reconnaissent découvrir, à cette occasion, les implications concrètes de la protection des données à caractère personnel dans leurs activités professionnelles.

Les questions se multiplient, les expériences sont partagées, les préoccupations trouvent des réponses.

Cette interaction permanente transforme progressivement chaque séance en un véritable espace d’apprentissage collectif.

Plus de 1 500 acteurs désormais sensibilisés

Au terme des douze premiers jours de déploiement, le bilan témoigne de l’ampleur de la mobilisation.

Plus de 1 500 membres du personnel et de la force de vente de la LONAB, femmes et hommes confondus, ont pris part aux différentes sessions organisées à travers le Burkina Faso.

Au-delà du chiffre, c’est un réseau de plus de 1 500 relais qui se construit progressivement.

Autant de femmes et d’hommes désormais mieux outillés pour adopter les bonnes pratiques, prévenir les risques et diffuser autour d’eux une culture de la protection des données personnelles.

La campagne ne se mesure donc pas uniquement au nombre de participants.

Elle se mesure surtout au changement de regard qu’elle suscite.

Une première nationale qui pourrait faire école

Cette campagne constitue bien davantage qu’une action de sensibilisation.

Elle démontre qu’une entreprise publique peut intégrer la protection des données à caractère personnel dans son programme d’activités et en faire un levier de modernisation de ses pratiques.

En répondant favorablement à l’appel lancé par la CIL, la LONAB devient la première structure à engager une campagne d’une telle ampleur au profit de l’ensemble de son personnel et de sa force de vente.

Son engagement ouvre une perspective nouvelle.

Celle d’un Burkina Faso où chaque institution, chaque entreprise et chaque organisation considère la protection des données non comme une contrainte, mais comme une responsabilité partagée.

Après la LONAB… qui prendra le relais ?

Pendant douze jours, la CIL et la LONAB ont parcouru des centaines de kilomètres.

Elles ont échangé avec des femmes et des hommes venus d’horizons différents, exerçant des métiers différents, mais réunis autour d’une même conviction : les données à caractère personnel méritent d’être protégées avec la même rigueur que les autres ressources stratégiques d’une organisation.

Cette campagne n’est donc pas une fin.

Elle marque le début d’une dynamique nationale.

Car le véritable enjeu dépasse désormais le seul cadre de la LONAB.

Il concerne toutes les structures qui collectent, utilisent, partagent ou conservent des données à caractère personnel.

La question est désormais posée à l’ensemble des administrations publiques, des entreprises, des collectivités territoriales, des établissements de santé, des institutions financières, des associations et des organisations privées.

Après la LONAB, qui sera le prochain à faire de la protection des données à caractère personnel une priorité ?

La Commission de l’informatique et des libertés est convaincue que cette dynamique ne fait que commencer. Elle réaffirme sa disponibilité à accompagner toutes les structures qui souhaitent inscrire durablement la protection des données à caractère personnel dans leur gouvernance, leurs pratiques professionnelles et leur stratégie de développement.

Parce qu’au-delà des textes, c’est une véritable culture qu’il nous appartient désormais de construire, ensemble.

Protéger vos données à caractère personnel, notre mission.

A propos Rahima Sawadogo

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