Avant-dernier temps fort de la 4ᵉ édition du Salon International des Professionnels de l’Économie Numérique de l’UEMOA (SIPEN-UEMOA 2026), le troisième panel a réuni experts et décideurs autour d’un thème stratégique : « Gouvernance, confiance numérique et souveraineté financière ». Modéré par la Présidente de la Commission de l’Informatique et des Libertés (CIL), la Camarade Dr Halguièta NASSA/TRAWINA, les échanges ont permis de mettre en lumière un constat partagé : dans un environnement numérique où les données circulent au-delà des frontières, la protection des données à caractère personnel et la coopération entre États deviennent des leviers incontournables pour construire une économie numérique durable et de confiance.

Une modération qui donne le cap des échanges
À travers une conduite méthodique des débats, la Présidente de la CIL a orienté les échanges vers les questions qui préoccupent aujourd’hui les autorités de régulation, les institutions financières et les acteurs du numérique.
Comment protéger efficacement les données financières et les données à caractère personnel dans un contexte marqué par l’essor des fintech, des crypto-actifs et de la blockchain ? Comment concilier innovation, confiance numérique et souveraineté financière ? Quels mécanismes de coopération mettre en place pour répondre à des risques qui dépassent désormais les frontières nationales ?
Ces interrogations ont rythmé les échanges tout au long du panel, permettant aux intervenants de partager leurs analyses et leurs expériences sur les défis auxquels sont confrontés les États de l’espace UEMOA.
Au cours des discussions, la Camarade Dr Halguièta NASSA/TRAWINA a rappelé une réalité qui s’impose aujourd’hui à tous les régulateurs : la cybercriminalité est transfrontalière. Les cyberattaques, les violations de données, les fraudes numériques ou encore les réseaux criminels exploitant les technologies numériques ne s’arrêtent pas aux frontières des États.
Pour la Présidente de la CIL, cette réalité impose de dépasser les approches nationales. La protection des données à caractère personnel, la cybersécurité et la gouvernance numérique doivent désormais s’appuyer sur une coopération renforcée entre les autorités de régulation afin d’apporter des réponses coordonnées à des menaces communes.

L’autorité sœur du Togo partage son expertise sur les conditions d’une confiance numérique durable
Répondant aux différentes questions soulevées par la modératrice, le représentant de l’instance de protection des données à caractère personnel du Togo a livré une intervention particulièrement remarquée, articulée autour des fondements d’une gouvernance responsable des données.
Selon lui, la première condition consiste à appliquer le principe de minimisation. Les organisations ne devraient collecter que les données strictement indispensables à la fourniture de leurs services. Une collecte excessive accroît inutilement les risques et fragilise la confiance des utilisateurs.
L’expert a ensuite insisté sur la nécessité d’intégrer la protection des données dès la conception des applications et services numériques.
Pour les plateformes de paiement, les solutions de microfinance ou les applications financières innovantes, la sécurité des données ne doit pas être une étape supplémentaire, mais un élément constitutif de leur développement.
Enfin, il a rappelé que la confiance numérique repose également sur la transparence. Les citoyens doivent comprendre quelles données sont collectées, pourquoi elles le sont, combien de temps elles sont conservées et quels sont leurs droits. Cette culture de la confiance suppose un effort permanent de sensibilisation impliquant les autorités de protection des données, les institutions publiques, les entreprises et les citoyens.

Souveraineté numérique : maîtriser les données, les technologies et les compétences
Interrogé sur les enjeux de souveraineté numérique, le représentant togolais a souligné que les données financières constituent désormais une ressource stratégique pour les États.
Leur hébergement, leur exploitation ou leur traitement hors de l’espace régional soulèvent des questions essentielles de gouvernance et de maîtrise des décisions.
Pour relever ces défis, il a plaidé en faveur d’un renforcement progressif des capacités technologiques locales, d’une diversification des partenaires technologiques et d’un investissement accru dans la formation des ingénieurs, des juristes, des spécialistes de la cybersécurité ainsi que des autorités de contrôle.
Selon lui, la souveraineté numérique repose avant tout sur la capacité des États à protéger leurs données stratégiques, à choisir librement leurs technologies et à conserver la maîtrise de leurs décisions.

Construire une réponse régionale à des défis communs
Les échanges ont également mis en évidence la nécessité d’harmoniser les pratiques entre les États de la sous-région.
L’élaboration de référentiels communs en matière de protection des données et de cybersécurité, le renforcement de la coopération entre autorités nationales, le partage d’expertise, la mise en place de mécanismes régionaux de gestion des incidents ainsi que l’anticipation des évolutions technologiques figurent parmi les principales pistes évoquées au cours du panel.
Autant de recommandations qui confortent le message porté par la modératrice : face à des menaces numériques de plus en plus transfrontalières, seule une gouvernance concertée permettra de renforcer durablement la confiance numérique au sein de l’espace UEMOA.

La CIL, un acteur engagé pour une gouvernance numérique régionale
À travers la modération de ce panel stratégique, la Commission de l’Informatique et des Libertés a une nouvelle fois affirmé sa volonté de contribuer aux réflexions régionales sur les grands enjeux de la transformation numérique.
En favorisant un dialogue de haut niveau entre les experts et en mettant en lumière les conditions nécessaires à une gouvernance responsable des données, la CIL réaffirme que la protection des données à caractère personnel constitue aujourd’hui un pilier essentiel de la confiance numérique, de l’innovation responsable et de la souveraineté des États.
À l’heure où les défis numériques s’affranchissent des frontières, les réponses gagneront elles aussi à être construites collectivement. C’est dans cet esprit que la CIL entend poursuivre son engagement, aux côtés des autorités sœurs et de l’ensemble des acteurs du numérique, pour promouvoir une gouvernance des données fondée sur la coopération, la confiance et le respect des droits fondamentaux.

Protéger vos données à caractère personnel, notre mission.
CIL BF